Entretien avec Droitard Bavard : les patriotes gaulois au pouvoir !
ENTRETIEN


Apparu il y a un peu plus d'un an sur YouTube, Droitard Bavard s'est rapidement imposé comme l'une des figures de cette nouvelle génération de streamers de droite qui investit les réseaux pour diffuser ses idées. Chaque dimanche, il anime Victoire Française, une émission hebdomadaire où il commente, face caméra, l'actualité politique et culturelle de la semaine écoulée.
Entre son parcours militant, son admiration assumée pour des figures comme Nick Fuentes, sa vision de la bataille culturelle ou encore son regard sur l'évolution du RN, Droitard Bavard a accepté de répondre sans détour à nos questions.
IGV : pouvez-vous nous présenter le cheminement politique que vous avez réalisé, de votre prise de conscience à aujourd’hui ?
Droitard Bavard : J’ai grandi dans une famille divisée en deux parties, une plutôt de gauche (fonctionnaire/ouvrier) et l’autre plutôt de droite UMP/LR du tertiaire/patron TPE/PME. J’étais pour ma part plutôt de cette droite LR au départ. Tout du moins jusqu’en 2016, quand un certain Raptor Dissident est apparu sur YouTube comme une météorite et m’a ramené plutôt vers l’ED et la droite libérale. Pour reprendre l’expression de l’époque, c’était une vraie pilule rouge. Donc je dirais que c’est à partir de là que ma prise de conscience a commencé pour continuer année après année à s’affiner. Au début, de droite dissidente puis basculement vers la droite identitaire à partir de 2019/2020. Les expériences de la vie et mon évolution personnelle m’ont ensuite permis de nuancer mon libéralisme pour y ajouter plus de nationalisme et donc plus d’étatisme.
IGV : Comment est née l’idée de l’émission Victoire Française ?
Droitard Bavard : Je venais de lancer ma chaîne YouTube quelques mois plus tôt (février 2025) et je cherchais un format plus régulier pour augmenter ma présence et mon impact sur la plate-forme. Problème : je refuse catégoriquement de publier des vidéos YouTube d’actualités (ça me gonfle), car je préfère garder le format vidéo (20-30 minutes ou plus) pour quelque chose de bien plus grand et intéressant (je travaille actuellement dessus). Il me fallait donc une autre solution. Fort heureusement, en parallèle, je suivais un influenceur politique du nom de Nick Fuentes depuis 2024 (principalement sur Twitter). Quasiment toute ma TL le détestait, mais moi je le trouvais drôle et je sentais qu’il avait un truc (je ne m’étais pas trompé). J’ai massivement consommé son émission culte America First juste avant la guerre des Douze Jours (Iran 2025) et pendant plusieurs semaines derrière. J’étais conquis ! J’avais trouvé le format que je voulais et aussi l’ambiance que je voulais créer. Malgré une ligne divergente sur quelques sujets, Nick F m’a clairement permis de trouver quoi faire, et comment le faire. C’est clairement grâce à lui que cette émission existe aujourd’hui. Une fois l’idée et le format trouvés, il ne me restait plus qu’à me préparer (mentalement) et aussi d’un point de vue purement matériel et structurel. J’ai remanié complètement mon lieu de vie durant le mois d’août, pour que tout soit au mieux. C’était clairement l’un des moments les plus satisfaisants de ma vie. Dessiner mon logo moi-même m’a mis très très bien. LOL (même si c’est frauduleux). Il ne me restait plus qu’à attendre le grand jour de l’annonce et de la première émission en septembre. Et voilà, c’était fait ! L’émission Victoire Française (qui revient en septembre) était née !
IGV : Vous êtes vous-même militant. Qu’est-ce que cette expérience change dans la façon d’appréhender la politique ?
Droitard Bavard : J’ai été militant dans un groupe pendant plusieurs années et ça m’a grandement fait évoluer positivement d’un point de vue politique et d’un point de vue personnel. Aujourd’hui je suis plutôt un militant influenceur, c’est différent mais ça reste toujours dans une optique de diffuser nos idées sous une autre forme et aussi en y ajoutant ma propre personnalité et ma propre vision. Pour en revenir au militantisme et à ma façon d’appréhender la politique, je pense que cette expérience m’a vraiment permis dans un premier temps de retrouver le vrai plaisir de la politique, sa capacité d’action réelle (échelle locale). J’en ai notamment parlé dans mon émission. Je trouve également que le militantisme ajoute une vraie touche de beauté et de grandeur à notre engagement et aux raisons pour lesquelles on le fait. Ce n’est plus juste des idées abstraites, on côtoie de vrais gens, nos camarades et notre peuple. Le militantisme permet également de comprendre que nos réussites peuvent être, doivent être collectives. On réussit ensemble, on perd ensemble. On se bat pour plus grand que nous et pour plus important que nous. C’est peut-être ça finalement le plus important. Grâce à cette expérience en tant que militant, je suis passé d’une vision politique plus individualiste (j’avais tort) à une vision plus collective et plus positive pour mon pays et mon peuple.
IGV : Vous ne vous cachez pas d’aimer les mangas ou les jeux-vidéos (que vous streamez parfois). Ces nouveaux supports ne semblent pas très représentés dans la création de contenu de droite. Comment l’expliquez vous ?
Droitard Bavard : Pour deux raisons. La première vient du fait qu’on est censé parler uniquement de politique quand on fait de la politique à droite. Les vidéos sur la culture pop en plein milieu de séries de vidéos politiques font tâche, sont du coup mal référencées par l’algorithme et n’intéressent globalement personne dans notre camp. Pourquoi ça n’intéresse pas grand monde à droite ? C’est la deuxième raison. Pendant longtemps, j’ai pensé que notre camp était tout simplement trop réfractaire à ça (c’est forcément un peu le cas) mais en réalité je crois que ça vient peut-être surtout du format : on ne peut pas attendre de quelqu’un qui s’est abonné à votre chaîne YT pour vos prises de positions politiques radicales d’avoir ensuite envie d’aimer et de regarder une vidéo sur le dernier chapitre de Boruto (PROPAGANDE), c’est juste normal. Il n’a pas signé pour ça. En revanche, et ça va être tout mon travail sur les prochains mois, ce sera de trouver un moyen détourné pour joindre les deux, via des nouveaux formats qui arriveront très prochainement, pour que l’un et l’autre communiquent ensemble sans jamais forcer ceux qui n’apprécient tout simplement pas ça et sans se faire détruire par l’algorithme. Je pense avoir trouvé une bonne solution, mais il va falloir encore patienter pour la découvrir !
IGV : Un streamer qui s’est fait connaître en jouant aux jeux vidéos, Sardoche, a récemment fait un clair virage à droite. Quel regard portez vous sur l’arrivée de ce genre de profils dans notre « camp » ?
Droitard Bavard : Je porte un regard plus que positif sur l’arrivée de personnes beaucoup plus mainstream comme Sardoche dans notre camp politique ! Déjà parce qu’il a été pendant tout le début de ma vingtaine l’un de mes influenceurs favoris avec Raptor et cie. Et en plus, même s’il arrive à la politique par la zone la plus chiante (l’économie), il ne va pas tarder à découvrir la partie la plus intéressante et la plus passionnante, c’est-à-dire la ligne identitaire. Il suit actuellement une évolution à la Musk, d’abord très économique (libéralisme/libertarianisme/droite chiante) pour progressivement se diriger vers le vrai bonbon et le vrai bonheur, l’identitarisme.
Je suis assez content d’avoir annoncé, un peu avant tout le monde (2025), qu’il avait du potentiel et qu’il aurait probablement un rôle à jouer, à son échelle, dans tout ça. Il ne doit toutefois pas rester sur l’économie (chiant à crever) et ne pas tenter trop tôt la politique sérieuse et électorale. Il peut être une forme d’Asmongold FR sans forcer via sa notoriété déjà énorme sur Twitch. Il l’était d’ailleurs déjà de 2016 à 2020 sans s’en rendre compte quand il faisait ses réactions à l’actualité et aussi à certains débats (Zemmour-Schiappa). C’est toujours la vidéo la plus vue de sa chaîne lol. On verra bien quelle décision il prendra mais il a clairement un boulevard (lui ou Bob Lennon) en tant qu’influenceur de droite mainstream sur ce créneau pour les prochaines années. Pour le reste, et de manière générale, il est toujours bon d’accueillir des figures mainstream même si elles sont évidemment moins radicales que nous dans notre camp. Le temps a montré, et ce à chaque fois, qu’ils finissaient par se radicaliser et obtenir la bonne ligne. Je maintiens le pari sur Sardoche. Les personnalités mainstream sont exactement ce qui nous manque pour toucher le grand public et ouvrir les vannes vers nous. Il faut donc, TOUJOURS, soutenir les nouveaux arrivants et calmer les gogoles de notre milieu qui ont trop tendance à vouloir forcer les choses et donc manquer de patience.
IGV : Quel regard portez vous sur la génération de vidéastes de droite qui a émergé après 2015 : Raptor Dissident, Papacito, Valek, Bench et Cigar, etc. ?
Droitard Bavard : Un regard très positif aussi, je n’ai d’ailleurs jamais compris le délire consistant à leur cracher à la gueule après toute la lumière et la mainstreamisation (on en parlait juste avant) qu’ils nous ont offert. J’ai évidemment des désaccords sur quelques sujets avec eux mais ça doit passer au second plan. Ils sont d’une certaine manière mes aînés dans le domaine de la création et je les respecte pour ça. Un regret, et on en parlait justement avec le Doc Baron l’autre jour, c’est qu’ils n’aient pas pu ou pas réussi à transmettre le flambeau avant de quasiment tous disparaître d’internet. C’est dommage, car ça a laissé un grand vide. J’espère que nous aurons un jour la possibilité d’aligner à nouveau cette line-up dans une émission spéciale ! Ce serait génial !
IGV : Quel regard portez vous sur la nouvelle génération de streamers dont vous faites partie ?
Droitard Bavard : Encore une fois, plus que positif ! Je pense que honnêtement il était temps qu’une nouvelle génération arrive. On est encore au stade de poussins mais je trouve que ça va dans la bonne direction, on s’entend tous bien, et on a tous à cœur d’amener une nouvelle ère pour notre milieu et notre camp politique. On manque encore un peu de confiance en nous (moi le premier) mais je pense qu’avec le temps, ça viendra et surtout ça finira par payer !
IGV : Vous dites souvent de « ne pas doomer », de ne pas être défaitiste. Votre public remarque souvent votre optimisme et votre joie de vivre qui tranche avec un pessimisme de nombreuses voix de droite.
Droitard Bavard : Je pense que c’est ce dont je suis le plus fier aujourd’hui. J’ai pensé Victoire Française et les nouveaux projets futurs en ce sens. Je suis comme ça dans la vraie vie. J’essaie d’être rayonnant et de toujours amener du positif (même si ce n’est pas toujours facile) ! Je déteste le défaitisme. C’est castrateur et stupide. On ne peut pas changer le monde (ce que je souhaite) en pleurnichant et en emmenant tout le monde dans la tombe et la dépression. Je veux, à l’inverse, voir les gens heureux, souriants et confiants ! Je veux insuffler des niveaux d’énergie complètement fous dans leur cœur pour leur donner la force de transformer ce monde. Je pense que ça a été compris et que les gens m’apprécient pour ça. J’en suis très heureux. VF !
IGV : Que manque t-il à la droite afin de gagner la bataille culturelle ?
Droitard Bavard : Qu’elle comprenne que la culture n’est pas un sujet secondaire mais bien un pilier principal pour asseoir sa domination et son hégémonie pour les prochaines décennies. Elle doit faire confiance à notre nouvelle génération d’influenceurs, la soutenir (économiquement/moralement) et l’amplifier, car on en a cruellement besoin. La droite s’en remerciera plus tard, quand le normie n’aura plus peur d’assumer ses idées et poussera même la machine encore plus loin. C’est tout l’enjeu.
IGV : Défendez-vous une « ligne économique » particulière ? Si oui, quelle est-elle ?
Droitard Bavard : Oui, même si ça m’emmerde profondément et que je pense que pour le coup c’est secondaire au vu des problèmes actuels. J’ai été libéral pendant longtemps (2016-2023), mais en grandissant, j’ai d’abord été déçu de certaines figures, puis des politiques dites libérales dans certains pays quand elles se heurtent au dilemme de l’immigration et qu’elles finissent par favoriser l’économie au détriment de l’autre. Grosse déception. Dernier clou dans le cercueil, quand j’ai enfin accepté et compris que sa logique individualiste (responsabilité individuelle) était utopiste et marginale (une émission VF est à prévoir) et que sa posture anti-État ne pourrait à aucun moment tenir face au réel et aux problèmes structurels et profonds qui s’annoncent. Aujourd’hui, j’aime l’État, c’est un outil formidable (surtout l’État FR) et je veux le pouvoir pour lui rendre ses lettres de noblesse et m’en servir à fond ! On peut dire qu’aujourd’hui, je suis plutôt étatiste et j’en suis très fier.
IGV : Que pensez-vous du RN à l’heure actuelle ?
Droitard Bavard : Lié à mon optimisme, je soutiens le parti le plus proche de nos idées qui se trouve aux portes du pouvoir. Nous sommes devant la ligne d’arrivée et je refuse publiquement de les dénigrer en étant aussi près du but tant convoité. Des vieux militants attendent ça depuis 40/50 ans pour certains. Ils méritent de voir le parti qu’ils ont défendu toute leur vie et malgré les risques à la tête de l’État. J’ai évidemment de nombreux reproches contre le RN, notamment sur leurs différents renoncements et leurs actions politiques (votes et soumission à la gauche). Mais même quand je suis dégoûté et en colère contre eux, je préfère suivre le conseil de mon grand-père : « Ne rien dire, mettre les mains dans ses poches et serrer les poings ». Encore une fois, nous sommes tout proches, et à l’échelle locale, on peut déjà observer des changements plus que positifs, grâce à eux. J’ai donc acté, à titre personnel (jusqu’à la victoire électorale), de toujours les encourager et de toujours les soutenir quand ils font quelque chose de bien. Pour le reste, on réglera nos comptes une fois qu’ils seront sur le trône.
IGV : Après avoir été expatrié, vous êtes revenu en France. Quels sont les bienfaits de l’enracinement, ou les côtés pervers du déracinement ?
Droitard Bavard : Pour les bienfaits de l’enracinement, je dirais de tout simplement retrouver les siens et revivre entouré de ses proches. J’ai beaucoup de chance de ce côté-là. On vit tous pas très loin les uns des autres. Ça m’avait terriblement manqué. C’est ça le côté pervers du déracinement et ce qui m’a poussé à revenir. Oui, je vivais dans un pays avec très peu d’immigration, encore complètement blanc et sans insécurité, mais les miens étaient toujours ici, en danger. J’étais inquiet pour eux. En plus de ça, la simple interaction d’acheter du pain là-bas me rappelait douloureusement (goût et ambiance) que la France restait finalement le plus grand pays du monde lol. Ce n’était tout simplement pas chez moi, même avec plusieurs « avantages ». Peut-être que certains lecteurs auront du mal à voir ce que je veux dire car il faut probablement l’avoir vécu pour pouvoir le comprendre. Je parlerai un jour de l’expatriation dans une émission/vidéo dédiée.
IGV : Dans la continuité de l’enracinement, vous défendez le modèle communautaire. Comment expliquer le bénéfice de la communauté à un contemporain, isolé par la modernité ?
Droitard Bavard : Simple, de la petite association de quartier aux groupes communautaires militants installés, ces modèles communautaires vous offrent le dernier vrai cadre de socialisation et de lutte contre la dépression du monde moderne. C’est simple, c’est le dernier échelon, le plus proche de vous, où vous pouvez encore faire des trucs utiles à plusieurs sans compétences particulières. Une véritable bouffée d’oxygène dans cette époque étouffante.
IGV : Quel message souhaiteriez-vous transmettre à un jeune patriote qui ne sait pas comment s’engager ?
Droitard Bavard : La même chose que je recommande durant mes émissions. Si c’est l’engagement politique que vous cherchez, alors rapprochez-vous du groupe militant le plus proche de chez vous (calendrier Enracine). Les groupes politiques type RN/R! sont rarement très actifs en dehors des périodes électorales et ne sont donc pas très intéressants. Si vous êtes étudiants, alors renseignez-vous sur la section de droite disponible sur votre campus. La Cocarde Étudiante est excellente pour ça ! Si vous n’avez ni groupe étudiant, ni groupe militant local, alors la dernière option que je vous recommande se trouve dans les associations locales, de votre village ou de la ville la plus proche. Il y en a énormément : associations de quartier, anciens combattants, porte-drapeaux, défense du patrimoine, restauration du patrimoine, associations sportives etc. Vous trouverez forcément votre bonheur et votre place dans tout ça ! Et si ce n’est pas le cas, vous pouvez toujours constituer votre association et la développer ! C’est une très belle aventure et c’est formateur ! L’avenir est à vous, alors allez-y à fond, remontez-vous les manches et participez à votre échelle à amener un peu de chaleur et de lumière dans ce monde froid et austère. C’est la plus belle contribution que vous puissiez offrir au pays en attendant la grande Victoire Française !
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