Entretien avec Lorenzo d’Aquila Popularis : le nationalisme à Nice
Cela fait maintenant un peu plus de trois ans que s’est formé le groupe militant dans le pays niçois. Aujourd’hui, alors que la mairie est récemment passée aux mains de « l’extrême droite » en la personne d’Eric Ciotti, président de l’UDR et allié du RN, Aquila Popularis est plus que jamais menacé de dissolution. Sur la base d’accusations de violences politiques, le nouveau maire en personne a demandé à l’État d’employer son arsenal répressif afin de faire disparaître du paysage le jeune groupe enraciné.
ENTRETIEN


De la naissance du groupe à son opposition de facto aux forces politiques municipales, en passant par leur développement et leur implantation locale, Lorenzo, cadre d’Aquila Popularis, a accepté de nous livrer un entretien pour nous raconter cette aventure militante.
Nous lui avons posé des questions sur Aquila Popularis et sur le contexte dans lequel ses camarades et lui évoluent depuis trois ans.
Quelle est l’origine d’Aquila Popularis ?
Une poignée de jeunes militants accompagnés "d'anciens" aux divers parcours a voulu réactiver un militantisme de terrain trop longtemps délaissé.
Un noyau dur créant et constituant la base d'Aquila Popularis a très vite jeté les lignes directrices : diffusion des idées nationales et sociales par tous les moyens : Du tractage au collage en passant par des actions de diverses envergures. Le tout avec cohérence idéologique et discipline.
Pourriez-vous poser le contexte local dans lequel le groupe se structure ?
Comme mentionné plus haut, cela faisait des années que l'activisme militant avait été laissé à l'abandon au profit d'une approche plus "institutionnelle" de certaines figures identitaires locales.
Il y avait eu une tentative de remédier à cette absence avec la création du Bastion Social en fin 2018 mais l'initiative avait avorté à cause de la dissolution du groupe au niveau national.Également les manifestations "anti-pass sanitaire" auxquelles beaucoup de jeunes militants niçois ont participé, ce qui montrait une réelle envie d'investir le terrain auprès du peuple en colère.
D'autant plus que Nice, comme toutes les villes de France, était de plus en plus gangrenée par l'insécurité croissante - malgré les coups de communication de l'ancien maire Christian Estrosi - et était victime elle aussi du terrorisme islamique. A cela s'ajoute une paupérisation ou un déclassement d'une partie des travailleurs niçois, l'augmentation indécente du coût de la vie ( notamment des loyers qui devient de plus en plus un problème majeur pour nombres de jeunes foyers )
La nécessité de l'émergence d'un groupe nationaliste révolutionnaire apportant un autre son de cloche vis à vis des partis institutionnels dits de "droite nationale" se faisait plus qu'urgente et nous y avons remedié.
Vous présentez l’identité, le localisme et la justice sociale comme les trois principaux axes de votre communauté militante. Pourquoi ce choix ?
Parce que cela nous semble évident et surtout cohérent.
L'identité d'un peuple et d'une Nation ne se résume pas à de simples papiers administratifs. C'est un héritage ethno-culturel et politique qui se forge depuis des siècles, créant un système cohérent et coopératif entre les individus formant communauté de destin. Il est donc primordial de la défendre face à la dissolution apportée par la mondialisation capitaliste ( on rappellera que le grand patronat marche main dans la main avec la gauche "antiraciste" en appelant à toujours plus d'immigration )
Le localisme, c'est à la fois l'identité première et la réalité quotidienne de nos vies au sein de la "petite patrie". L'enracinement se fait là où nous vivons - et mourrons - pas une abstraction purement théorique. Notre investissement politique se fait d'abord concrètement pour les niçoises et niçois.
La justice sociale enfin, nous semble le préalable indispensable lorsqu'on se positionne comme défenseur du peuple. L'amour des siens c'est la volonté d'établir une harmonisation au sein du corps social.
Aquila Popularis a vu le jour sous la mandature de Christian Estrosi. Malgré son positionnement au centre de l’échiquier politique, vous avez pu faire croître votre organisation sans avoir été directement inquiétés par la municipalité. Aviez-vous alors déjà eu à faire à l’équipe du précédent maire ?
Lorsque nous avons créé Aquila Popularis, nous étions décidés à agir de façon constructive et résolument "politique". Nous voulions apporter sur la place publique nos idées et nos revendications en agissant légalement.
Il était hors de question de faire de la provocation ou d'instaurer un climat délétère. Nous revendiquons un positionnement radical car nos réflexions vont au coeur - à la racine - des maux de notre société et nous désignons sans ambiguïté ou fausse pudeur les ennemis de notre peuple. Du fait de nos démarches parfaitement légales, nous n'avons donc jamais eu à faire Christian Estrosi. Nous étions dès le début inattaquables.
Lorsqu'il nous est arrivé par deux fois de faire des contre-manifestations "sauvages" en opposition à des rassemblements de la gauche, nous avons été irréprochables, n'engendrant aucune violence mais apportant la contradiction avec tract et banderole, le tout en quelques minutes...
Nous pourrions penser que l’élection récente du principal allié du Rassemblement National aurait pu vous permettre de continuer votre enracinement plus sereinement. Pourtant c’est bien ce dernier qui demande votre dissolution à peine deux mois après son investiture. Comment avez-vous reçu cette nouvelle et quelle est votre analyse sur cette sortie médiatique du maire UDR ?
Nous ne sommes pas véritablement surpris sur le fond. Toute fois nous pensions que Ciotti voulait attendre des charges plus lourdes contre nous pour éventuellement agir. De plus, il nous paraît surprenant qu'il se plie aussi vite aux injonctions de la gauche, pourtant largement minoritaire à Nice.
Il est vrai que depuis les municipales et son accession à la mairie de Nice, Ciotti essuie constamment des attaques de la gauche, plus particulièrement des Insoumis de Mélenchon, qui l'amalgame avec le milieu identitaire et donc Aquila Popularis. Celui-ci a donc voulu précipitamment se démarquer comme le RN (allié de l'UDR) le fait par sa politique de "dédiabolisation".
Il y aussi une volonté d'apaisement et de consensus de la part de Ciotti pour, là encore, se démarquer d'une image trop dure. Mais ça nous pousse à analyser ce petit événement plus profondément : La droite du système peut être aussi, voir plus, intraitable envers les nationalistes ou identitaires que la gauche.
Avec les crispations communautaires, la montée de la délinquance organisée ou plus généralement de l'insécurité, la droite libérale et autoritaire à son rôle à jouer. Elle fait l'alternance avec la gauche plus clairement mondialiste, immigrationniste, et derrière son masque de garant de l'ordre, elle bride toute contestation radicale.
Aujourd’hui, à Nice, vous êtes attaqués à la fois par la gauche et par la droite institutionnelle. Pourquoi ce rapprochement, et pourquoi votre proposition répond à un besoin des niçois ?
Comme nous l'esquissons dans notre réponse précédente, le système mondialiste - ou le capitalisme mondialisé - fonctionne avec sa gauche et sa droite. Depuis longtemps, les nationalistes révolutionnaires ( ou nationalistes radicaux, appelez ça comme vous voulez ! ) ont levé le voile sur les fausses oppositions ou les faux révolutionnaires.
En d'autres termes, nous mettons dos à dos ce qu'ils feignent de combattre le libéralisme tout en validant l'immigration et ceux qui feignent de s'opposer à l'immigration tout en défendant le libéralisme qui appelle pourtant à la libre circulation des capitaux, des biens et des personnes... Dans tout ce maelstrom politique où se perdent les vrais opposants au système, nous voulons offrir une alternative. D'où la volonté de créer une communauté militante, enracinée dans le réel et formée aux vrais enjeux politiques.
Plus généralement, nous pensons que notre positionnement à la fois social et identitaire peut combler un besoin de la part de niçoises et niçois qui prennent de plein fouet - ou sont en passe de l'être - les conjonctures économiques :
De salariés aux petits patrons en passant par les travailleurs indépendants ou artisans, beaucoup sont victimes de la mondialisation mais aussi souffrent de l'insécurité exponentielle dans certains quartiers populaires. A nous d'être identifiés comme une alternative crédible.
Il y a aujourd’hui un peu partout en France des mouvements de jeunesses tels que le vôtre, notamment dans le sud, à l’instar de Tenesoun ou de Novelum Carcassonne. Quel regard portez-vous sur cette dynamique militante du sud de la France ?
Une ceinture aux couleurs identitaires dans son acception la plus large s'est clairement formé au sud de la France à travers les dernières élections municipales notamment. Les villes du sud ont été les premières à souffrir de l'immigration et ont été les premières à voir le Front National accéder à des mairies de grandes ou moyennes villes. Pensons à Toulon, Orange ou encore Marignane dans les années 90. Avec la généralisation de prise de conscience d'une bonne partie de la population française - via les scores du RN electoralement et au sein de la jeunesse plus précisément il était normal que de jeunes groupes militants sudistes s'affirment.
C'est stimulant et une vraie camaraderie s'est instaurée entre les divers groupes que vous avez mentionnés notamment. Elle permet les échanges entre militants et des collaborations peuvent émerger pour des actions communes.
On retrouve également un certain nombre de groupes locaux se revendiquant explicitement de la mouvance identitaire. Entretenez-vous également de liens avec certains d’entre eux ?
Outre les divergences d’aspect politique relevant plus du détail que de la réelle opposition, nous entretenions relativement de bons liens avec les groupes de bonnes volontés.
Quant à la particularité niçoise nous étions d’accord pour dire qu’une ville comme Nice avait expressément besoin de communauté militante axée autour de la défense de l’identité et de la culture niçoise.
Aquila Popularis est à la fois une communauté et un groupe militant. Quelles sont vos activités ?
Au sein d'Aquila Popularis, la « Communauté » à proprement dit ; est vivante parce qu’elle est -par essence- politique. En effet, les liens que nous entretenons, créons et développons sont axés autour d’une certaine idée de l’avenir pour notre ville, et par extension pour la France et l’Europe. Cette cohésion nous permet d’avoir un panel d’action large, et il tend à s’agrandir dans le futur. L’acquisition récente d’un local nous facilite grandement l’organisation d’actions militantes : Collage d’affiches, stickages, et organisation de divers hommages et rassemblements sont dans nos cordes. En plus de tout ça, le local nous permet d’organiser des permanences hebdomadaires pour la cohésion, ainsi que des soirées à thèmes et des conférences relatives aux grands enjeux sociétaux du monde, à l’histoire locale ou nationale.
Pourriez-vous également nous présenter les moments les plus marquants de votre communauté ?
Récemment, l’acquisition d’un local fin janvier fut une expérience réjouissante. Jusqu’à lors nous devions louer une salle à la soirée afin de mener à bien nos réunions, soirées et conférences. Pour un groupe tel que le notre qui fait de l’encrage local une priorité, pouvoir le matérialiser via l’ouverture d’un espace qui nous ressemble est une chance.
Nos différents hommages sont aussi des moments qui font date dans l’histoire de notre militantisme. Récemment, l’hommage annuel rendu à Jeanne d’Arc, figure de la sainte guerrière qui libère sa terre. Et évidemment les hommages rendus à Quentin, par les rassemblements que nous avons organisés ou auxquels nous nous sommes rendus.
Comment vous soutenir ?
Le contexte actuel tendu nous amène à craindre plus que jamais une procédure de dissolution par l’Etat. Nous soutenir passe par de petites choses anodines, mais qui ont beaucoup de sens pour nous : Notre page instagram et notre site internet sont associé à un lien pour des dons en ligne si vous souhaitez nous soutenir financièrement : On paie notre matériel et on paie le loyer du local en grande partie via les dons libres et les adhésions militante.
Propos recueillis par l'Institut Georges Valois
© 2026 - Institut Georges Valois | Mentions légales