Entretien avec Raphaël Paillot : la droite du panache politique

Depuis presque 2 ans, Raphaël Paillot anime l'émission Panache ! sur YouTube, se démarquant des autres streamers et vidéastes par son approche : ce qui l'intéresse, c'est le fond. Avec ses intervenants et ses invités, ils explorent les sujets politiques, intellectuels et culturels avec rigueur, hauteur de vue et recul, au-delà du tumulte de l'actualité immédiate.

ENTRETIEN

Raphaël Paillot

10/27/202615 min lire

Privilégiant les formats longs, les analyses approfondies et les échanges de fond (philosophie, métapolitique, critique culturelle, histoire des idées), Panache ! s'est imposée comme une tribune singulière dans le paysage médiatique indépendant, redonnant toute sa place au débat doctrinal et intellectuel.

Pour ces raisons, il nous a semblé intéressant de nous entretenir avec l'initiateur et le principal animateur du projet.

IGV : Pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs, et présenter Panache ! ?

Raphaël : Je suis d'abord un autodidacte. J'ai abandonné ma licence de psychologie en fin de deuxième année car je ne supportais plus l'environnement universitaire, ensuite j'ai passé quelques années « dans la vraie vie », comme je le disais à l'époque — je voulais sortir du cloisonnement scolaire et étudier le monde en le découvrant par moi-même — puis, à partir de 2019, j'ai fini par me remettre la tête à des études plus formelles à base de beaucoup de lectures et de longue heures d'écriture. C'est vraiment en 2020 que je me suis consacré à fond à mes projets intellectuels, donc on peut dire que je suis autodidacte depuis six ans.

Quant à Panache !, c'est une chaîne YouTube que j'ai créée il y a bientôt deux ans, à peu près par hasard. Elle a pris la suite d'un autre projet qui a disparu depuis, auquel je participais et qui était déjà un long format autour d'entretiens. Je m'étais lancé par agacement vis-à-vis du milieu des médias alternatifs de droite, j'en avais marre de voir toujours les mêmes noms et entendre les mêmes idées éculées, mon pari était qu'il y avait d'autres personnes ayant des choses à dire pour peu qu'on prenne la peine d'aller les chercher, et j'ai été assez fou pour croire qu'en ayant aucun réseau, je pourrais réussi à repérer ces nouvelles voix et leur proposer une plateforme pour s'exprimer.

IGV : Pouvez vous nous présenter les principaux intervenants de l’émission ?

Raphaël : Le premier intervenant historique du projet est Boris, c'est lui qui a animé avec moi pendant cinq mois une émission hebdomadaire sur la chaîne disparue, ensuite il m'a suivi au lancement de Panache ! et m'a aidé à initier le mouvement. Sinon, les autres sont des intervenants que j'ai agrégé au fur et à mesure du temps, après les avoir repérés.

Pour faire une liste brève, il y a Vincent Claudin qui est la recrue la plus récente. Je le connaissais avant que Mediapart écrive un article sur lui, je voulais le mettre en avant car son esprit philosophique est rare, et puisqu'aucun média du milieu de droite ne lui a tendu la main quand il s'est fait virer, c'est chez moi qu'il s'exprime avec un grand talent.

Il y a aussi Yamnaya que j'ai fait venir assez tôt, il commençait tout juste à s'exprimer publiquement depuis quelques mois, mais ça ne me faisait pas peur. Son Substack était déjà époustouflant et nos discussions privées m'avaient convaincues de l'opportunité. Aujourd'hui, il commence à se faire inviter ailleurs, ce qui me va très bien ; moi, je voulais mettre en avant de nouveaux visages, pas me les acaparer.

Il y a Gary Laski, que je présente souvent comme ma caution de gauche car la plaisanterie est drôle en plus d'être vraie : philosophe de formation hegelienne, doctorant sous la direction de Chantal Delsol, il a le grand mérite de penser par lui-même, ce qui est toujours appréciable. Ses habitudes de pensées sont différentes des miennes donc les discussions vont toujours dans des directions nouvelles.

Il y a Ultima, un païen assez brillant, qui ne paye pas de mine mais vise souvent juste. Il gère un petit groupe d'étude autour de l'Edda poétique et propose des analyses de tendance jungienne. Il est aussi imprégné du thème de la communauté dont il peut parler avec brio.

Enfin, une dernière mention pour Tony Thommes, un Français expatrié au Royaume-Uni depuis plus de dix ans avec qui nous faisons des couvertures régulières de l'actualité politique là-bas. Ça réhausse le niveau car nos voisins d'outre-Manche sont rarement bien traités par nos commentateurs parisiens, y compris à droite.

IGV : Quel regard portez-vous sur la nouvelle génération de streamers de droite, dont vous faites vous-même partie ?

Raphaël : Récemment, on me reprochait ma critique du milieu de droite que j'estime ne pas être à un niveau suffisant. Mon contradicteur m'a cité toute une série de noms qui, il est vrai, produisent des contenus de qualité. Dans sa liste, pas un seul n'avait une existence de plus de 10 ans, quelques-uns seulement passaient la barre des 5 ans.

Oui, il y a une nouvelle génération de streamers qui arrivent et proposent enfin de sortir de la vieille rengaine anti-woke « ah la la, vous avez vu comme la gauche est bête », comme si ricaner avait jamais permis à qui que ce soit de gagner. Sauf que ce sont des initiatives encore trop jeunes, y compris Panache ! ; le temps n'a pas éprouvé leur résilience face à l'épreuve, leur capacité à rester pertinent au-delà de l'effet de mode.

La droite a l'habitude de perdre depuis si longtemps que certains estiment avoir gagné dès le premier moment où ils sortent la tête de l'eau. Non, je ne suis pas d'accord, je pense que la culture de droite continue à se noyer. Il faut encourager les jeunes initiatives sans croire que c'est suffisant. J'aborde Panache ! de cette manière, j'estime que ce n'est encore qu'un balbutiement, que tout est à construire.

IGV : Vous parlez régulièrement de méthode. Quel rôle a joué l’épistémologie dans votre politisation ?

Raphaël : Ce qui me sépare de la majorité, voire de la totalité de mes homologues, est que je me suis politisé tardivement, petit à petit à partir de mes 25 ans ; j'en ai 31 aujourd'hui. Par ailleurs, mon premier intérêt est théorique avant d'être politique, j'essaye de comprendre les grandes questions de la nature humaine : la naissance et la mort, la vie en société, l'amour, le conflit, etc. Donc je ne suis pas arrivé en politique avec la ferveur d'un militant, j'ai amené avec moi la discipline universitaire que je m'impose depuis que j'ai repris mes études en autodidacte. Voilà pourquoi j'aborde les problèmes différemment.

Prenons l'exemple de l'épistémologie. Pourquoi est-ce que je m'y intéresse ? La première raison est que j'étudie les sciences humaines or ce sont des disciplines qui manquent énormément de rigueur, donc la philosophie des sciences permet de mettre de l'ordre dans tout ce bazar. La deuxième est que j'écoutais assidûment le podcast de James Lindsay à l'époque où il était encore bon et l'épistémologie revenait sans cesse. Grâce à Lindsay, j'ai compris que les ressorts philosophiques du wokisme sont à trouver dans l'épistémologie sauf que je ne voyais personne s'emparer du problème au-delà de la simple critique. Pour le dire simplement, Lindsay expliquait comment la gauche en est arrivée à nier l'existence de la vérité mais je ne voyais personne à droite se poser une question pourtant essentielle : si nous pensons que la vérité existe, comment la justifions-nous ?

Ainsi, l'épistémologie cochait deux cases qui ont motivé ma spécialisation sur ces questions : d'abord c'était utile pour mes études en sciences humaines, ensuite ça me permettait de répondre à la question politique de l'après. Aujourd'hui, la droite se plaint régulièrement d'avoir perdu les universités, pourtant si on lui demande ce qu'elle voudrait voir au programme d'une licence de sociologie une fois qu'elle aura pris le pouvoir, on entend les mouches voler. Personne ne sait quoi répondre car personne ne s'est jamais poser la question de savoir ce qui serait une approche scientifique de la sociologie, ni même de savoir ce qu'est la science en général.

IGV : Pensez-vous qu’il y a un manque de méthode à droite, et quelles en sont les conséquences visibles ?

Raphaël : Oui, il me semble évident que la droite manque de méthode, je suis souvent déçu par l'incapacité de nombreux influenceurs de comprendre la différence entre un argument et une assertion, entre un raisonnement et une intuition. Mais le pire est la sale manie polémique de nombreuses figures à droite : elles ne sont pas capables de penser par elles-mêmes, elles passent leur temps à caler leur discours sur la critique des derniers délires de gauche.

Prenons un exemple concret : la génétique. Parce que la gauche a nié la génétique, la droite s'évertue depuis des années à répéter qu'elle existe, « je vous jure, monsieur le journaliste, il faut me croire ! » Il y a même eu une grande diffusion de travaux sur le QI sous l'influence de Daniel Conversano et son excellent travail d'édition, sauf que c'est devenu une sorte de rengaine ringarde ressortie à tout-va, quelle que soit la discussion. Le reste de la pensée biologique est laissée de côté car elle n'apporte aucun bénéfice polémique contre la gauche.

Mais que veut la droite ? Se rouler dans la boue avec les gauchos sur X ou construire un discours alternatif cohérent ? Je pense qu'il faut commencer dès maintenant à construire une alternative et il faut s'imposer une discipline pour le faire, il faut étudier les problèmes pour leur pertinence, pas pour leur capacité à générer du clic avec une miniature racoleuse. Nous manquons cruellement d'intellectuels capables de prendre ce recul, de ne pas se faire haper par l'euphorie du commentaire d'actualité.

IGV : Sur Panache, vous traitez parfois des relations homme-femme. Dans quelle mesure le féminisme est-il selon vous devenu un problème politique pour nos sociétés ?

Raphaël : Le féminisme est la dernière idéologie de gauche qui est tolérée dans les milieux de droite. La pire mesquinerie que j'ai subi à droite, c'est quand j'osais critiquer le saint féminisme. Pourtant, son rejet devrait être une évidence à droite.

Faisons un pas en arrière dans l'histoire des idées : le féminisme réclame depuis ses débuts l'égalité entre les sexes, l'anti-féminisme s'opposait à lui en arguant de la différence des sexes et, en particulier, de la nécessaire séparation des sphères d'activité. En général, c'est à ce moment-là que j'entends fuser des accusations en charia blanche. Non, quand je dis qu'il faut séparer les sphères d'activité, je ne dis pas d'enfermer les femmes dans la cuisine et de les voiler en public, je dis que les femmes, parce qu'elles sont des femmes, ont des rôles qui leur échoient naturellement.

Il n'y a rien de nouveau, c'était l'argument de l'époque, avec une figure comme Marthe Borély en France qui défrayait la chronique en son temps : la situation d'une femme lui octroie des privilèges, pourquoi les remettre en cause en lui accordant des droits politiques ? La politique, c'est un espace d'affrontement et de conflit qui sied mal à la féminité, alors pourquoi y traîner les femmes de force ? C'est tout ce que je dis, quand je parle de séparation des sphères d'activité : parfois, une femme est meilleure à une tâche parce qu'elle est une femme, d'autres fois c'est un homme qui est meilleur car il est un homme, on n'a pas besoin de se référer à un standard unisexe ; les différences sociales fondées sur le sexe sont acceptables, elles sont mêmes évidentes et ont existé pendant plus longtemps que nos délires égalitaristes.

Pourtant, ce genre de discours est interdit à droite, du moins il est mal vu. C'est systématiquement celui sur lequel on me demande le plus régulièrement de baisser d'un ton ou d'y mettre les formes, comme si c'était un problème de forme. C'est le fond qui gêne, évidemment ; la droite ne veut pas s'avouer à elle-même que l'accusation de misogynie exerce encore une grande terreur dans ses rangs, elle a peur de poser la question de la place de la femme dans la société car elle a été imprégnés par le féminisme depuis des décennies. Elle n'assume plus de faire le moindre reproche aux femmes.

IGV : Raphaël, personnellement, vous vous opposez au libéralisme. Comment résumeriez-vous le problème que pose le libéralisme ?

Raphaël : Je dirais que le premier problème du libéralisme est l'idiotie des libéraux d'aujourd'hui. La majorité ne sont pas très futés, c'est tout. Vous trouvez des libéraux intelligents comme mon ami, le philosophe grec Stelios Panagiotou ; il y a des libéraux qui connaissent l'histoire de leur tradition, dont les auteurs ne sont pas systématiquement Hoppe, Rothbard ou Hayek, et qui sont capables de s'exprimer autrement qu'en répétant des slogans. Mais la plupart ne savent pas de quoi ils parlent.

Ensuite, sur le fond philosophique, le problème du libéralisme est de considérer la société comme une somme d'individus alors qu'en réalité, elle est un tout organique qui précède chacun d'entre nous : nous sommes tous nés dans un monde qui existait avant nous et qui continuera après nous. Ce que notre culture nous transmet, ce n'est pas un choix individuel, c'est un trésor accumulé par les générations successives. Le libéralisme a du mal à penser le fait collectif car il est trop obsédé par l'individu.

Sauf que notre époque exige de penser le fait collectif, le temps où chacun pouvait vaquer à ses occupations dans son coin sans se préoccuper du voisin est fini puisque le voisin n'a plus la même culture, sa manière de vivre est antagoniste et conflictuelle. Nous avons cru naïvement que la société de confiance dans laquelle nous avions vécu était un état naturel qui allait se prolonger, sauf que l'importation de cultures étrangères via l'immigration ou encore la fracturation sociale provoquée par la gauche nous rappellent que ce qui se passe dans l'intimité des gens qui nous entourent, ça nous concernent directement, les conséquences ne s'arrêtent pas au seuil de la porte d'entrée.

IGV : Comment expliquez-vous que tant de personnes à droite se revendiquent libérales aujourd’hui en France ?

Raphaël : C'est un effet de mode sans consistance, ça ne va pas durer. Je suis d'assez prêt les débats politiques anglophones car ils sont plus sophistiqués que les nôtres, là-bas, le libéralisme est déjà mort, même les défenseurs de la liberté individuelle se revendiquent d'une liberté ordonnée, pour reprendre l'expression de Kevin Roberts.

Il y a un ras-le-bol fiscal donc beaucoup de gens se disent libéraux car, pour eux, ça veut dire payer moins d'impôts. Une autre frange des libéraux sont des libertariens, c'est surtout contre l'État qu'ils râlent, et puis il y a aussi l'ancienne gauche libérale avec son progressisme moral, mais elle se meurt. Le libéralisme va finir par disparaître à mesure qu'une alternative pertinente sera proposée dans le débat d'idée, mais puisque la France souffre d'un retard intellectuel majeur, pour l'instant, l'alternative peine à s'exprimer donc beaucoup de gens se revendiquent libéraux par défaut. En France, le libéralisme prospère sur l'absence d'alternative, c'est un effet secondaire de la médiocrité intellectuelle ambiante.

IGV : Vous revendiquez-vous d’un courant économique particulier ?

Raphaël : Non, je n'ai pas de courant économique particulier mais j'ai un intérêt particulier pour les travaux de Marc Granovetter sur les liens faibles car je pense qu'ils peuvent apporter un éclairage sur de nombreux problèmes de la pensée économique d'aujourd'hui. L'idée est assez simple à résumer : chacun de nous a, dans son entourage, des gens qu'il connaît beaucoup et d'autres qu'il connaît un peu, certains autres qu'il connaît à peine. Ce que dit Granovetter est que l'information est redondante : dans un groupe d'ami, tout le monde cotoie tous les autres donc quand les gens parlent entre eux, ils disent à peu près la même chose. Mais il suffit d'avoir un ami qu'on voit une fois de temps en temps, qui cotoie d'autres groupes au quotidien, pour qu'un jour ils nous disent quelque chose de nouveau, d'inattendu, quelque chose qu'on n'entendrait jamais.

Granovetter a mis en évidence que l'information qui circule dans un groupe est à peu près toujours la même car les gens se cotoient souvent — ce sont des liens forts — par contre, il est possible d'accéder à une information nouvelle en allant parler à des gens un peu plus loin, qu'on connaît un peu — ce sont les liens faibles.

C'est une approche intéressante car elle renverse la conception habituelle de la sociologie : on a l'habitude de penser de manière binaire, soit l'individu est totalement déterminé par son groupe, soit il ne l'est pas et agit par lui-même. Granovetter montre que non, que les théories économiques vont trop loin dans l'un ou l'autre extrême à chaque fois, que les liens faibles proposent une alternative plus élégante où l'équilibre entre la liberté individuelle et la contrainte sociale est mieux respecté.

Je pense que ce genre de question théorique est important à résoudre car le débat économique est bloqué dans une polémique stérile entre les communistes qui veulent tout contrôler et les libéraux qui ne veulent rien contrôler. En réalité, ni le totalitarisme, ni le laisser-faire ne sont des solutions économiques efficaces. Il faut comprendre comment les gens peuvent coopérer spontanément et les encourager à prendre part à l'activité économique. Il n'existe pas de théorie de ce genre sinon celle de Hayek sur les prix mais elle échoue largement à expliquer quoi que ce soit, voilà pourquoi je préfère repartir de la base en m'appuyant sur des faits empiriques solides plutôt que sur de vagues spéculations.

IGV : Quel regard portez-vous aujourd'hui sur les dynamiques du RN et R !

Raphaël : Le RN veut gagner au centre donc il est devenu un parti centriste, il est rempli de gens pour qui la dédiabolisation est un impératif moral, des gens qui haïssent plus les identitaires que les gauchos. D'ailleurs, le RN s'est centrisé jusque dans sa sociologie électoral : il est devenu le parti des vieux. À titre personnel, je vais voter RN car il n'y a pas mieux.

R! est une promesse non tenue. Après la belle campagne de 2022, le parti s'est progressivement disloqué, la sicission de 2024 a achevé ce qu'il en restait. Aujourd'hui, R! est un parti avec une ligne libérale chiante et, de temps en temps, un mot un peu plus dur que les LR sur l'immigration. C'est le parti d'une sociologie de snobs qui ne voteront jamais pour Marine Le Pen, cette candidate est trop socialiste et populiste pour eux.

Globalement, il n'y a pas de dynamique à droite. Le seul politicien que je vois avoir une pensée classable à droite, c'est Jean-Eudes Gannat, ses interventions sur Radio Courtoisie sont géniales. Je ne parle pas de Ravier car il a annoncé quitter la politique électorale. Or, Gannat n'est qu'un conseiller municipal, donc c'est encore léger ; Ravier était sénateur, ça ne l'a pas empêché de se faire tuer par le RN.

J'anticipe que l'après-2027 sera l'occasion d'une grande recomposition politique, il faudra être au rendez-vous. Je ne sais pas qui a envie d'y aller ni quelle figure va émerger. Il faudra suivre, en espérant que le chef sera digne des honneurs qui lui seront faits.

IGV : Vous avez connu Quentin avant son assassinat par les antifas. Quel a été votre sentiment sur ce moment politique ?

Raphaël : J’aimerais répéter la sentence que j'avais partagée à un de ses amis proches quelques jours après sa mort : ça ne va rien changé. Malheureusement, ça n'a rien changé. Je me doutais que la droite serait lâche, en particulier le RN. Même l'avocat de la famille se laisse manipuler comme un enfant, il ne voit pas que les antifas sont déjà en train de réécrire l'histoire. S'il n'y avait pas Jean Bexon de Boulevard Voltaire, qui s'occuperait de rétablir la vérité ? Le meurtre de Quentin Deranque est un évènement sombre qui justifie toute la virulence de mes critiques contre la droite : c'est un scandale d'avoir échoué à transformer cette affaire en une séquence politique favorable.

Aujourd'hui, Raphaël Arnaud se pavane en public, les antifas célèbrent la mort de Quentin, ils font des tags sur les murs, des pancartes, ils publient des chansons et des mèmes. Pourquoi se priveraient-ils d'un tel plaisir ? Ils ont tué un homme sans qu'une sanction ne soit exercée contre eux. Voilà ce que j'ai à dire : nous devrions avoir honte de ce que nous avons fait, de la manière dont nous nous sommes laissés cracher au visage par nos ennemis alors que l'un des nôtres est mort.

IGV : Quelles seront les conséquences à long-terme de l’affaire Quentin à votre avis ?

Raphaël : Les conséquences de l'affaire Quentin seront celles que nous imposerons. Il serait temps que la droite sorte de ce fantasme de l'éveil des consciences. Non, les gens ordinaires ne se réveilleront pas un beau matin en se disant que nous avions raison depuis le début, les gens ordinaires sont passifs, ils suient le mouvement, donc c'est à nous de prendre le pouvoir et de rétablir l'ordre dans notre société, et surtout de remettre un peu de morale au centre de nos vies.

X et Substack : @RaphPaillot


Aidez Panache !

YouTube : https://www.youtube.com/@PanachePolitique

Patreon : https://www.patreon.com/cw/panachepolitique

© 2026 - Institut Georges Valois | Mentions légales