La censure des identitaires : un entretien avec les Natifs

Ce mercredi 3 juin devait avoir lieu une rencontre avec Jared Taylor en région parisienne, organisée par l’association identitaire « Les Natifs ». Depuis 2021, le groupe fait la promotion des identités parisienne, française et européenne, et trouve régulièrement sur sa route la police, même suite à des actions aussi bénignes que de simples collages d’affiches. Ce mercredi, l’essayiste américain invité par le groupe n’a pas pu tenir sa conférence, censuré par la préfecture de police.

ENTRETIEN

6/6/20265 min lire

Ce mercredi 3 juin devait avoir lieu une rencontre avec Jared Taylor en région parisienne, organisée par l’association identitaire « Les Natifs ». Depuis 2021, le groupe fait la promotion des identités parisienne, française et européenne, et trouve régulièrement sur sa route la police, même suite à des actions aussi bénignes que de simples collages d’affiches. Ce mercredi, l’essayiste américain invité par le groupe n’a pas pu tenir sa conférence, censuré par la préfecture de police.
Baptiste, cadre au sein des natifs, a répondu à nos questions.

Pouvez-vous nous résumer brièvement le déroulé de cette journée particulière ?

Ce mercredi 3 juin, nous finalisions les derniers préparatifs de la conférence avec Jared Taylor, qui devait se tenir à Paris. L’adresse avait été communiquée le jour même aux personnes inscrites.

Vers 16h, notre porte-parole Stanislas a reçu un appel de la police l’informant que les autorités souhaitaient s’entretenir avec lui. Les policiers lui ont même indiqué savoir précisément où il se trouvait, alors qu’ils étaient encore au téléphone. Sur place, ils lui ont notifié l’interdiction de la conférence dans Paris et en petite couronne, au motif du risque de « trouble à l’ordre public » que pourraient engendrer les propos qui y seraient tenus.

Nous nous sommes immédiatement organisés pour trouver un lieu de repli et avons trouvé un lieu à Versailles, dans les Yvelines, non concerné par l’arrêté préfectoral.

Une fois sur place, à peine la conférence avait-elle commencé à 20h30, que la police a fait irruption dans la salle. Un arrêté similaire avait été pris dans la foulée par la préfecture des Yvelines. Nous avons été contraints d’arrêter l’événement sous peine d’intervention des forces de l’ordre. Nous avons néanmoins poursuivi la soirée en compagnie de notre invité.

Quelles ont été les réactions du conférencier, et qu’avez-vous observé sur les réseaux sociaux suite à la tournure des événements ?

Après la surprise de voir la police faire irruption, c’est la consternation qui a dominé. Jared Taylor est resté extrêmement digne et calme malgré la situation et le zèle des forces de l’ordre. Il nous a confié qu’il s’agissait d’une première pour lui. Malgré cet incident, notre invité est resté très disponible tout le reste de la soirée que nous avons eu grand plaisir à partager.

Le reste du public, pas nécessairement militant, a pu prendre conscience de l’ampleur des moyens déployés contre nous.

Sur les réseaux sociaux, la censure a été largement dénoncée par l’ensemble de notre camp. Les réactions ont été unanimes dans l’ensemble des droites militantes occidentales.

Après les meurtres de Quentin et d’Henry, dans lesquels le rôle ou l’inaction de la police pose question, les Natifs semblent bien placés pour dénoncer un deux poids deux mesures. Pouvez-vous revenir sur les interpellations et le harcèlement dont vous faites l’objet ?

Oui ces deux drames en particuliers l’illustrent mais aussi de tant d’autres moins médiatisés qui nous rappellent le deux poids deux mesures constants appliqués par les polices occidentales contre les autochtones et en faveur des allogènes.

Jean-Yves Le Gallou parle régulièrement d’anarcho-tyrannie, c’est-à-dire être autoritaire avec ceux qui respectent la loi et lâche avec les criminels et délinquants. Nous sommes en plein dedans.

Chez les Natifs nous sommes assez bien placé pour témoigner de l’efficacité répressive de l’État dans certains cas. Depuis notre création, nous sommes régulièrement victimes d’interpellations, gardes à vue, perquisitions et procédures judiciaires :

  • 8 GAV pour une simple banderole en soutien aux Boers aux abords du Stade de France.

  • 1 procès visant 13 de nos membres (tous placés en GAV et perquisitionnés) après notre action contre la venue d’Aya Nakamura aux JO ;

  • 1 procès, 2 GAV et perquisitions liés à notre action à la Basilique Saint-Denis où nous avions recouvert des portraits d’une exposition insultante pour notre histoire ;

  • 8 GAV et autant de perquisitions après notre action au Trocadéro en hommage aux victimes du Bataclan ;

  • 4 GAV et perquisitions pour des pochoirs sur le sol devant le tribunal de Paris au moment du lancement du procès de la meurtrière de Lola ;

  • 6 GAV après notre action aux locaux de La France Insoumise suite à l’assassinat de Quentin.

Cette persécution nous coûte cher en frais de justice et pèse sur nos scolarités ou carrières mais elle ne brise pas notre détermination. C’est pourquoi nous avons besoin du soutien de tous ceux qui refusent cette situation.

La veille, Jared Taylor a pu dédicacer son livre à la Librairie Logos sans problème. À quoi tient cette différence de traitement selon vous ?

Il est plus facile pour les autorités de s’en prendre à un groupe politique militant qu’à une librairie qui organise une simple séance de dédicace, activité commerciale tout à fait légitime pour ce genre de commerce. L’État n’a pas encore franchi ce cap.

Par ailleurs, il est politiquement moins coûteux de réprimer un groupe identitaire qualifié d’« ultradroite » (terme que nous récusons) que de s’attaquer ouvertement à un commerce.

Peut-être que le gouvernement voit plus d’intérêt politique à nous réprimer et ainsi afficher une fermeté illusoire.

Peut-être aussi que la nature de notre public, à savoir un public jeune, chez qui les idées novatrices, comme celles de Jared Taylor, peuvent infuser et porter leurs fruits à long-terme, fait davantage craindre au gouvernement.

Cette fois-ci, l’État a invoqué l’« ordre public immatériel » (c’est-à-dire moral) pour interdire la réunion. Quel est votre regard sur ce motif et cette évolution des pratiques répressives ?

C’est une dérive extrêmement grave. On assiste à une interprétation fantaisiste et expansive du droit pour justifier une censure purement politique. Cela relève d’une forme de dictature molle qui ne dit pas son nom : on n’interdit plus seulement les actes, mais les idées elles-mêmes, sous prétexte qu’elles seraient potentiellement « dangereuses ».

D’autre part cela contrevient totalement à la présomption d’innocence. Nos idées nous rendent d’office coupables, illégaux et délinquants aux yeux du gouvernement et de la gauche.

Le gouvernement a annoncé vouloir dissoudre à la fois le groupe identitaire Patria Albiges et un groupe antifa lillois. Pensez-vous que l’État sanctionne équitablement les extrêmes ?

Tout d’abord, nous apportons tout notre soutien à nos camarades de Patria Albiges, victimes d’une dissolution abusive et injuste.

Établir une équivalence entre un mouvement identitaire, qui privilégie des actions pacifiques et des groupes antifa qui théorisent et pratiquent ouvertement la violence politique relève de la malhonnêteté intellectuelle. Les uns défendent l’identité de leur peuple, les autres souhaitent son remplacement et emploient la terreur pour y parvenir.

Pour rappel, la mouvance antifa est responsable de la mort de Quentin, les identitaire eux sont coupables d’avoir déployés des banderoles.

Ces annonces de dissolutions simultanées servent surtout au ministre de l’Intérieur à donner l’illusion d’une action ferme et équilibrée, alors qu’il se montre incapable de rétablir l’ordre, comme l’ont encore démontré les violences autour du sacre du PSG.

Comment peut-on vous soutenir aujourd’hui ?

Il existe plusieurs façons de nous soutenir :

  • En nous rejoignant et en s’impliquant activement dans la défense de notre identité et ainsi devenir un acteur du champ politique ;

  • En nous soutenant financièrement via un don sur notre site pour nos frais justices et pour financer nos actions : https://www.lesnatifs.fr/donner/ ;

  • En vous abonnant à nos réseaux sociaux et en relayant largement nos publications pour faire entendre votre voix.

Chaque geste compte et nous vous remercions tous pour vos contributions quelle qu’elles soient.

Propos recueillis par l'Institut Georges Valois

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