“On trouvera une solution” : le mythe techno‑solutionniste
Chaque fois qu’un problème survient (qu’il soit écologique, énergétique, économique ou technique), le discours dominant est le même : “ce n’est pas grave, on trouvera une nouvelle technologie”. Ce raisonnement, qui ne repose sur aucune hypothèse logique, c’est ce qu’Ellul a appelé le « bluff technologique ».
PHILOSOPHIETECH


Qui sont les tenants de ce bluff ? Les disciples d’Alvin Martin Weinberg (1915-2006), un physicien américain, participant du projet Manhattan. Au cours de plusieurs articles, il développera une pensée du « technological fix »1, qui deviendra plus tard le « solutionnisme »2. Son idée est que la « Big science », c’est-à-dire la science en tant que projet d’ampleur, est à même de résoudre tous les problèmes politiques, économiques et sociaux. Il était d’ailleurs partisan d’un nouveau projet spatial qui pourrait selon lui régler les problèmes sociaux.
Ce dogme – puisqu’il s’agit bien d’un dogme – a été analysé par Jacques Ellul, penseur de la technocritique, répondant à ses contemporains qui déjà en son temps commençaient à utiliser le bluff technologique comme un argument résolvant tous les enjeux sociétaux, et mettant fin aux débats.
La non-neutralité de la technique
Dans le Bluff technologique, Ellul consacre un principe de non-neutralité de la technique : si la technique n’est pas bonne ou mauvaise en soi, ses externalités positives ne peuvent être séparées de ses externalités négatives.
« J’entends par là que le développement de la technique n’est ni bon, ni mauvais, ni neutre, mais qu’il est fait d’un mélange complexe d’éléments positifs et négatifs, « bons » et « mauvais » si on veut adopter un vocabulaire moral. J’entends encore par là qu’il est impossible de dissocier ces facteurs, de façon à obtenir une technique purement bonne ; qu’il ne dépend absolument pas de l’usage que nous faisons de l’outillage technique d’avoir des résultats exclusivement bons. En effet, dans cet usage même nous sommes à notre tour modifiés. Dans l’ensemble du phénomène technique, nous ne restons pas intacts, nous sommes non seulement orientés indirectement par cet appareillage lui-même, mais en outre adaptés en vue d’une meilleure utilisation de la technique grâce aux moyens psychologiques d’adaptation.3 »
De la même manière, Martin Heidegger nous dit que la technique moderne procède d’un arraisonnement du monde, transformant la nature, et jusqu’à l’être humain, comme un fonds disponible5. Pris dans l’univers technique, l’homme devient l’un de ses rouages. En se servant d’elle, il s’y soumet au moins en partie :
« Ainsi nous cessons d’être indépendants : nous ne sommes pas un sujet au milieu d’objets sur lesquels nous pourrions librement décider de notre conduite : nous sommes étroitement impliqués par cet univers technique, conditionnés par lui. Nous ne pouvons plus poser d’un côté l’homme et de l’autre l’outillage. Nous sommes obligés de considérer comme un tout « l’homme dans l’univers technique » ». Autrement dit l’usage fait de cet appareillage n’est pas décidé par un homme spirituel, éthique et autonome, mais par cet homme-là, et par conséquent, cet usage est tout autant le résultat d’une option de l’homme que d’une détermination technique : cet univers technicien comporte aussi des déterminations qui ne dépendent pas de nous et qui dictent un certain usage.4 ».
Partant de ce constat, Jacques Ellul énonce 4 règles :
1) Tout progrès technique se paye. Il se paye par des efforts intellectuels et physiques, un investissement dont le rapport n’est pas garanti6.
2) Le progrès technique soulève à chaque étape plus de problèmes qu’il n’en résout.
3) Les effets néfastes du progrès technique sont inséparables des effets favorables.
4) Tout progrès technique comporte un grand nombre d’effets imprévisibles.
Non-linéarité du progrès et non-autonomie de la technique
La grande et inéluctable marche en avant du progrès est un mythe moderne.
Dans Technics and Civilizations, Lewis Mumford rapporte plusieurs exemples de populations ayant arrêté d’utiliser certaines techniques artisanales pour retourner à des techniques plus primitives, parfois moins efficaces. Un manque de transmission, l’épuisement de ressource, une maladie qui dévasta le segment savant du groupe, les causes peuvent être multiples et souvent sujets à conjectures.
Plus éclairant encore, il affirme que la phase qu'il appelle paléotechnique (suivant la révolution industrielle et se basant sur le charbon et le fer) constituait un net recul par rapport à la phase éotechnique (précédant la révolution industrielle). Ainsi, il note que la propreté des logements et le niveau de vie d’un artisan du XIIIe siècle surpassaient ceux d’un ouvrier coincé dans les logements de fortune du XIXe.
Il rappelle également l’abandon des technologies vernaculaires. Il prend l’exemple du réseau dont disposait l’Europe de moulins à eau et à vent permettant de réaliser de nombreuses tâches industrielles (scier le bois, pomper l’eau, fouler le tissu, etc.). Rappelons aussi les voies et aqueducs romains, les premières ayant servi pendant des siècles avant d’être seulement récemment remplacés par des routes en bitume, les secondes servant parfois encore à alimenter les villes.
« En s'efforçant de s'emparer de la puissance, l'homme a eu tendance à se réduire lui-même à une abstraction... à éliminer chaque partie de lui-même, sauf celle qui était courbée vers la saisie du pouvoir. »
Il en déduit une « non-autonomie de la technique » : le passage de la phase éotechnique à la phase paléotechnique est selon lui dû à un changement de vision du monde ; en l’espèce par une recherche de pouvoir qui ne pouvait être permise que par la révolution industrielle.
Tout progrès technique comporte un grand nombre d’effets imprévisibles
L’innovation peut encore être à l’origine d’effets secondaires qui s’avèreraient à terme pires que le problème initial. Dans Anti-Tech Revolution, Theodore Kaczynski rappelle que les conséquences long-terme d’une technologie peuvent supplanter son bénéfice court-terme :
« La soi-disant « révolution verte » de la dernière partie du XX ème siècle – l’introduction de nouvelles technologies agricoles et les variétés de céréales hautement productives récemment développées – étaient supposées soulager la faim dans le tiers-monde en fournissant des récoltes plus abondantes. Mais « Bien que la ‘révolution verte’ semble avoir été un succès pour ce qui concerne les chiffres de la production totale céréalière nationale, l’examen des perpectives des communautés et des individus indique que les problèmes ont de loin dépassé les succès … .» Dans plusieurs parties du monde les conséquences de la révolution verte n’ont été rien d’autre que catastrophiques. Par exemple, dans le Punjab (région partiellement en Inde et partiellement au Pakistan), la révolution verte a détruit « des milliers d’hectares de terres (anciennement) productives », et a mené à des diminutions importantes d’eau potable, en contaminant les eaux par les pesticides et les fertilisants, provoquant de nombreux cas de cancers (probablement dus aux eaux contaminées), et de nombreux suicides7. »
Ainsi, Kaczynski propose que pour qu’un groupe de technocrates ou de planificateurs puisse rationnellement « guider » une société (ou tout simplement répondre à un problème technique), ils devraient être capables de comprendre comment le système va réagir. Or, nos systèmes actuels sont si complexes qu’il est impossible de les comprendre parfaitement, et encore moins de prévoir les conséquences d’une mesure.
« Même si nous faisons l’improbable supposition que le comportement de notre société pouvait être prédit à travers la manipulation de, disons, des milliards de milliards d’équations simultanées et qu’une puissance de calcul capable de mener ce genre de manipulations était disponible, la collecte des données nécessaire pour l’insertion des nombres appropriés dans les équations serait impraticable, d’autant que les données doivent atteindre des degrés de précision inatteignables si l’on veut que les prédictions restent valides sur un quelconque intervalle de temps considérable. »
Ce paradoxe met en lumière les échecs (ou les succès très relatifs) des politiques de planification du XXème siècle, qui se cachent généralement derrière le paravent de l’ingérence étrangère ou des circonstances défavorables (qui auraient dû être planifiées, mais ne l’ont pas été).
De même, seules les réformes qui permettent au système technicien de devenir plus efficace réussissent, jamais celles qui limitent sa puissance. Si la régulation menace la croissance du système, elle est contournée, abrogée ou tout simplement ignorée. À ce titre, il compare justement les systèmes politiques à des organismes, dont les processus sont soumis à une logique darwinienne. Pour autant et comme vu dans la partie précédente, une meilleure assise du système technicien rime parfois avec une grande perte de la qualité de vie pour la majorité de la population.
L’irrationalité techno-solutionniste
Ainsi, cette croyance progressiste ne répond à aucune preuve scientifique : il n’existe pas une infinité de ressources qui permettrait un progrès infini. S’il y avait une infinité de ressources, il y a en réalité peu de chance pour qu’elles permettent de régler tous les problèmes de la société, mais plutôt pour qu’elles permettent de perpétuer un cycle infini d’externalités négatives, toujours plus complexes à résoudre.
Le techno-solutionnisme ignore les rétroactions et les effets secondaires qui empêchent de mener une politique, ou qui vont empirer le problème. Imaginons qu’une solution soit trouvée. Il faut qu’elle soit produite, que les composants soient obtenus, les ressources à disposition, les procédés mis en œuvre, et l’innovation devra encore être mise en place. Elle peut rencontrer une résistance, une opposition politique, elle peut se heurter à des incompréhensions ou des conflits entre les différents acteurs contribuant à la mise en place, les ingénieurs peuvent rencontrer des difficultés pour corriger les imprécisions lors de la mise en œuvre initiale des procédés.
À l’inverse, une technologie peut rencontrer une situation de « verrouillage » (path dependency) une fois qu’elle est déployée. Les universités ont mis en place des recherches sur ces technologies, engageant fonds publics, carrières, réputation du laboratoire, des entreprises commencent à proposer des services liés à l’innovation, des lois réglementent son cadre d’utilisation, des lobbies font pression, l’État investit dans un plan pluri-décennal pour sa généralisation, et tout cela même si la technologie en question se révèle inefficace ou dangereuse. Il serait mieux à l’échelle de la société d’y renoncer, mais trop d’acteurs disposant de leviers de pouvoir ont intérêt à ce que son utilisation se poursuive. Par exemple, le gouvernement français a tout intérêt à ce que les gens ne passent pas à l’éthanol, faisant lui-même une recette importante grâce à la vente de produits pétroliers.
Progrès et culte du chiffre
Le culte contemporain du progrès consiste à encourager l’augmentation du chiffre et l’ascension des indices économiques. Mais si nos indicateurs calculent ce que l’on gagne, ils ne prennent pas en compte tout ce que l’on y perd. Le coût caché de la destruction matérielle et environnementale, qu’il n’est pas possible de connaître, est de toute façon ignoré. C’est le sophisme de la vitre cassée de Bastiat8, par lequel il conclut à raison que « destruction n’est pas profit », elle n’est que pénalisation invisible de la société.
Un exemple actuel pourrait être la construction massive de data-centers, dont certains n’ont aucune chance de tourner un jour. Les constructeurs suivent une logique de marché, utilisent les derniers processeurs qui sortent à présent tous les ans et sont envoyés avec de longs mois de retard, Nvidia recevant des commandes trop importantes pour la vitesse de croissance de sa chaine logistique. La bulle financière dicte la nécessité de faire construire des data-centers avec des processeurs derniers cri, et pourtant une gestion rationnelle commanderait de réaliser des projets plus adaptatifs et résilients.
Le réductionnisme des problèmes à de simples chiffres est une aporie. Prenons pour exemple le fait de proposer des primes aux enseignants dans le cas de résultats positifs de leur enseignement, selon une logique méritocratique, avec des objectifs chiffrés. Plusieurs pays et établissements ont mis en place de telles politiques. Plusieurs effets pervers en ont résulté : les programmes sont concentrés sur le format attendu de l’examen national au mépris de connaissances qui n’y figuraient pas, des professeurs qui modifient les résultats des élèves, pressions sur les élèves en difficulté ou handicapés, disparition de l’entraide entre les enseignants, remplacée par de l’inimitié, etc.
C’est ce qu’exprime la loi de Campbell : Lorsqu’un indicateur devient décisif pour attribuer une récompense financière, alors il corrompt le processus qu’il était supposé mesurer. Fixer des objectifs chiffrés risque paradoxalement de brouiller tout référentiel. Et d’un point de vue politique, la croyance au Progrès justifie l’inaction : si le gouvernement n’a pas de réponse à un problème, c’est parce que la solution technique n’a pas encore été trouvée.
Des ressources finies dans un monde fini
Une innovation nécessite des composants spécifiques, des matières premières et des infrastructures adaptées. Si ces ressources sont rares, polluantes ou géopolitiquement sensibles, la solution ne peut être déployée rapidement.
La loi des rendements décroissants9 trouve une application dans le domaine physique. L’écologue Charles Hall a théorisé l’EROI (Energy Return on Investment10). Cet indicateur mesure le rapport entre l’énergie qu’un système restitue et l’énergie qu’il a fallu dépenser afin de l’obtenir. Au début du siècle dernier, le pétrole avait un rapport de 100 pour 1, c’est-à-dire que la dépense d’un baril de pétrole permettait d’extraire l’équivalent de 100. Aujourd’hui, l’EROI du pétrole stagne entre 5:1 et 10:1. Les énergies renouvelables ont un EROI structurellement bas à cause de l’intermittence et des infrastructure de stockage. Même les gisements d’uranium s’épuisent11.
Enfin, le deuxième principe de la thermodynamique, l’entropie, nous enseigne que l’énergie se dégrade de manière irréversible. De la même manière, l’usage dégrade la matière. Pensons notamment aux plastiques qui restent une grande part de la production mondiale, et qu’il n’est toujours pas possible de recycler efficacement. Il est aussi possible de prendre l’exemple des LLM qui subissent le « model collapse », c’est-à-dire une dégénérescence qui advient lorsque le modèle est exposé à trop de contenu IA slop12. Évidemment, le cerveau humain ne répond pas à une logique foncièrement étrangère, et tout ce contenu ingéré promet de sensiblement diminuer le potentiel intellectuel de nos sociétés.
À la conquête de mars
Intéressons-nous enfin à un projet clé du techno-solutionnisme, abordé par Alvin Weinberg lui-même : la conquête de l'espace.
La foi dans la conquête spatiale répond à une stratégie de fuite des priorités terrestres actuelles pour certains techno-solutionnistes, aux premiers rang desquels Elon Musk. Cette idée procède d’une sous-estimation des conditions particulièrement hostiles de l’espace, et qui agit chez ses partisans comme une nouvelle Promesse du Ciel. Ce substitut eschatologique semble pourtant bien lointain, s'il est même atteignable.
Une “colonie spatiale” nécessite des matériaux, énergie et technologies extraits sur Terre. Le coût d’une telle infrastructure (si tant est que les susmentionnées ressources critiques soient effectivement présentes sur des corps célestes accessibles) devrait technologiquement être supérieur à celui de n’importe quel pays actuel. En même temps, il n’y a aucune suppression de nos besoins en termes de ressources ou d’énergie, qui croissent avec l’innovation13. Ce projet ne pourrait donc être réalisé qu’à l’issue de dizaines d’années de recherches intensives et d’investissements gigantesques qu’il aurait été plus intelligent d’utiliser – a court comme à long-terme – au profit de l’infrastructure terrestre.
Si la proposition esthétique et idéologique de la conquête de l’espace n’est pas sans intérêt pour tenter d’unir en vue d’un projet commun, c’est en réalité un sujet infra-politique qui permet de ne pas répondre dans le champ du concret.
Penser le sens
Opposons la pensée calculante, qui vise à maximiser l’efficacité immédiate, et la pensée méditante, qui s’intéresse au sens. C’est la première pensée qui règne en maître dans le système technicien. Pourtant, c’est bien à l’aune du seul sens que doit être orientée la technique. Dans la pensée techno-solutionniste, la technologie devient sa propre fin. Le philosophe demande pourquoi ? quand l’esprit technicien se demande juste comment ?. Notre civilisation n'est jamais devenue grande en faisant l'impasse sur le premier.
1Weinberg oppose l’ingénierie sociale et le technological fix. L’ingénierie sociale consiste à modifier la mentalité, la culture, l’éducation pour répondre à un problème. Le technological fix permettrait, selon Weinberg, de modifier l’environnement technologique sans nécessiter aucun changement comportemental de la part des individus.
2C’est Evgeny Mozorov, un chercheur biélorusso-américain qui parlera le premier de « techno-solutionnisme » dans son essai de 2013 To Save Everything, Click Here : The Folly of Technological Solutionism. C’est donc un terme critique forgé pour qualifier ce qu’il comprenait comme une dérive idéologique. Les partisans de cette croyance se désignent parfois comme « techno-optimistes ». Marc Andreesen a écrit un manifeste techno-optimiste en 2023 (https://a16z.com/the-techno-optimist-manifesto/).
3Jacques Ellul, Le Bluff Technologique, Éditions Pluriel, 2010, p. 93-94
4Ibid
5Dans la question de la technique (1953), Martin Heidegger développe le concept d’arraisonnement (Gestell) et de fonds (Bestand). Comme Ellul, il pense que la technologie modifie le rapport philosophique et métaphysique d’être au monde.
6Alvin Weinberg avait conscience de cette dimension. Il parle de « pacte faustien » pour qualifier la dépendance des États à l’énergie nucléaire. Cet État dispose d’une énergie peu couteuse, presque infinie et propre, mais nécessite une vigilance constante, des compétences techniques avancées et un contrôle de sécurité permanent.
7Dans ce passage, Kaczynski cite entre guillemets l’auteur indien Vandana Shiva.
8Dans Ce qu’on voit et ce qu’on ne voit pas (1850), Frédéric Bastiat examine plusieurs sophisme. Ici, un homme soutient que le bris d’une vitre donne du travail au vitrier et fait marcher l’industrie. Evidemment Bastiat réfute l’argument : cette opération fait certes augmenter le chiffre du vitrier et même le PIB, mais la situation n’est pas améliorée par rapport à la situation initiale dans laquelle la vitre n’avait pas encore été brisée. Pourtant, de l’énergie et des matières premières ont été consommées dans le processus.
9 « C'est donc uniquement parce que la terre n'est pas illimitée en quantité et uniforme en qualité, et parce que, dans le progrès de la population, de la terre d'une qualité inférieure, ou moins avantageusement située, est appelée à être cultivée, qu'une rente est payée pour son usage. [...]
Dans le progrès de la société, si l'on emploie un capital sur des terres de qualité inférieure pour obtenir de la nourriture, le coût de cette nourriture augmentera sur toutes les terres fertiles...
Supposons que, sur une terre de première qualité, un fermier obtienne 100 quarters de blé en employant un capital de 1 000 livres. Si, par la suite, la population augmente et qu'il devienne nécessaire d'employer un second capital de 1 000 livres sur la même terre, et que ce second capital ne donne qu'un rendement de 85 quarters, le propriétaire aura le pouvoir, à l'expiration du bail, d'obliger le fermier à lui payer 15 quarters de blé pour la différence. [...]
Si un troisième capital de 1 000 livres est employé sur la même terre, avec un rendement de seulement 75 quarters, une rente sera alors payée pour le second capital de 1 000 livres, égale à la différence entre le produit de ces deux capitaux, soit 10 quarters ; et en même temps, la rente du premier capital de 1 000 livres passera de 15 à 25 quarters. » David Ricardo, Des principes de l’économie politique et de l’impôt, Chapitre II, 1817.
10Eroi = energie produite/energie investie
11Le chercheur allemand J. Weißbach et d’autres chercheurs du secteur avancent un EROI entre 40:1 à 75:1. Charles Hall et Graham Palmer obtiennent des résultats « réels » compris entre 5:1 et 15:1 en intégrant les « coûts cachés » de l’extraction, de l’infrastructure et même du coût du démantèlement futur de la centrale nucléaire.
12Les modèles probabilistes vont tendre à ne plus prendre en compte les exceptions statistiques en se nourrissant des réponses des autres modèles. Le contenu devient alors l’équivalent d’une photocopie d’une photocopie. Ce biais va être facteur d’une forte homogénéisation. C’est la raison pour laquelle il est aussi facile d’identifier du contenu généré par un LLM. Cet exemple montre que cette technologie est incapable de perdurer avec des résultats satisfaisants en circuit fermé et sans intervention humaine.
13C’est le sens du paradoxe de Jevons : au XIXe siècle, l’économiste William Stanley Jevons a constaté que l’introduction d’une machine à vapeur plus efficace (qui consommait moins de charbon) n’avait pas fait baisser la consommation totale de charbon, mais l’avait en fait fait augmenter. Cette règle se vérifie à chaque fois que la société a accès à une plus large source d’énergie : plus nous disposons d’énergie, plus nous en utilisons.
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