Tyrannie judiciaire : un entretien avec Camille de Nouvelle Droite

ENTRETIEN

9/10/20265 min lire

Il y a quelque mois, le groupe identitaire Nouvelle Droite a organisé une action lors d'un rassemblement de LFI. À cette occasion, les militants ont rappelé la proximité du groupe LFI avec la Jeune Garde, groupuscule violent et notamment meurtrier de Quentin Deranque.

Alors qu'aucun coup n'a été donné à cette occasion, les militants de Nouvelle Droite présents à l'action sont poursuivis en justice. La procureure dont l'impartialité fait doute a requis contre les prévenus 18 mois de prison et 40 000 euros d'amende.

En attendant que le délibéré soit rendu ce 18 septembre, Camille, porte-parole de Nouvelle Droite, a accepté de répondre à nos questions.

IGV : Pouvez-vous nous présenter Nouvelle Droite ?

Camille ND : Nouvelle Droite est un mouvement identitaire lillois. Nous avons pour objectif de promouvoir et de protéger notre identité, notamment en faisant la promotion de la remigration, afin de lutter contre les conséquences de l'immigration massive.

IGV : Récemment, des militants groupe Nouvelle Droite a enfariné l'ancien maire LFI Patrick Proisy à l'occasion d'un meeting de LFI. Pouvez-vous revenir sur l'action et son déroulé ?

Camille ND : L'un des militants de Nouvelle Droite a enfariné Monsieur Patrick Proisy, ancien maire LFI de Faches-Thumesnil. Cette action était un happening organisé lors d'un meeting public de La France Insoumise, entre les deux tours des élections municipales.

Nous sommes entrés par une porte qui était ouverte. Du faux sang a été déversé au sol et nous avons scandé "justice pour Quentin" en tenant plusieurs pancartes dont l'une portait l'inscription « Aurélien Le Coq soutient la Jeune Garde». Cette pancarte faisait référence à des propos toujours disponibles sur Instagram, de ce député LFI, qui déclare « soutenir la Jeune Garde dans tous ses modes d'action ». Aurélien Le Coq avait quitté la salle au début de l'action pour aller se « cacher dans les toilettes », selon ses propres dires.

Patrick Proisy a essayé de m'arracher ma pancarte des mains. C'est à la suite de cela que mon mari, Cyril, également membre de la Nouvelle Droite, l'a enfariné. Seuls le faux sang et les pancartes étaient prévus pour cette action. La farine avait été apportée par mon mari, mais nous n'étions pas au courant de cela. L'enfarinage a eu lieu à la suite de la tentative de monsieur Proisy de m'arracher ma pancarte.

Évidemment, aucun coup n'a été porté lors de ce meeting, et les 8 plaignants - 3 élus et 5 sympathisants LFI - le confirment eux-mêmes dans leurs procès-verbaux. Nous sommes ensuite partis de la salle. Quatre de nos militants ont été mis en garde à vue. Quatre autres militants ont ensuite fait l'objet de perquisitions et ont également été placés en garde à vue pendant 48 heures. Dans l'attente de notre procès, qui a eu lieu le 26 août et dont le délibéré sera rendu le 18 septembre, nous avons été placés sous contrôle judiciaire, avec interdiction de manifester et d'entrer en contact les uns avec les autres, à l'exception de mon mari et de moi-même.

IGV : Que vous est-il reproché par les plaignants ?

Camille ND : Les motifs reposent sur les motifs suivants :

  • Participation à un groupement en vue de commettre des violences ;

  • Violences volontaires sur un élu n'ayant pas entraîné d'incapacité de travail.

IGV : Le parquet de Lille a requis 18 mois de prison contre 8 militants présents à l'action, avec obligation d'effectuer un stage de citoyenneté. Pensez-vous que cette peine serait proportionnée ?

Camille ND : Les réquisitions prononcées à ce stade - 18 mois de prison avec sursis, un stage de citoyenneté et plus de 40 000 euros d'amende - nous paraissent complètement délirantes, d'autant plus que nous n'avons aucun casier judiciaire. Encore une fois, il est question de pancartes, de faux sang et de farine, rien de plus. Nous estimons que notre procès fait l'objet d'un acharnement particulier en raison de nos idées.

La présidente s'est même permise de nous dire que nous « allons chercher loin » lorsque nous menons une action visant à dénoncer les liens entre LFI et la Jeune Garde, alors même que ces liens sont assumés publiquement par des membres de la France Insoumise.

IGV : La procureure a conclut que vous aviez « tout à apprendre des valeurs de la République ». Comment faire autre chose que de l'agit prop, alors que tous les canaux de la politique classique nous sont interdits ?

Camille ND : Cette citation de la procureure, indiquant que nous avons « tout à apprendre des valeurs de la république », nous parait particulièrement ironique, car nous estimons que cette même république nous empêche de nous exprimer.

Le dernier exemple en date concerne la banderole « Save Europe Act », faisant la promotion de la remigration, qui devait être déployée à Lille. La manifestation déclarée par plusieurs membres de notre mouvement a été interdite par la préfecture .

Selon la procureure, nous ne devrions pas manifester sans avoir obtenu l'accord de la préfecture. Pourtant, lorsque nous effectuons les démarches nécessaires, l'autorisation nous est refusée.

IGV : Votre compte Instagram et celui du mouvement Nouvelle Droite ont été restreints pour motifs de « personne et organisation dangereuse ». Vous vous êtes vu fermer votre compte bancaire sans explications. Comment qualifieriez-vous le climat de répression des militants en France aujourd’hui ?

Camille ND : Lorsque l'on voit que mon compte Instagram personnel ainsi que celui de Nouvelle Droite sont restreints pour motif de « personne et organisation dangereuse », n'importe quelle personne de bonne foi peut constater qu'être un militant identitaire en France est aujourd'hui considéré comme criminel aux yeux de certaines institutions. La liberté d'expression est invoquée en permanence comme étant l'un des piliers de notre pays. Pourtant, nous avons le sentiment que tout est mis en place pour nous faire taire et nous empêcher d'exprimer nos idées.

Nous considérons que le gouvernement et le système judiciaire cherchent à faire taire les militants et à emprisonner ceux qui refusent qu'on les empêche d'exprimer leurs convictions.

IGV : Comment aider le groupe Nouvelle Droite et les militants actuellement en procès ?

Camille ND : Nous sommes accompagnés dans cette affaire par deux avocats de l'ASLA, François Muta et Pierre-Vincent Lambert, qui nous ont remarquablement défendus lors du procès. C'est grâce à des structures comme l'ASLA que des mouvements comme le nôtre peuvent continuer à exister et à assurer leur défense.

Nous continuons de militer toute l'année, notamment sur les réseaux sociaux, afin de promouvoir la remigration. Cependant, nous restons inévitablement dépendants du soutien financier lorsque des amendes aussi importantes sont en jeu.

C'est pour cette raison qu'une cagnotte a été ouverte par l'ASLA afin de nous aider à couvrir les frais de défense ainsi que les éventuelles amendes liées à cette affaire. Nous souhaitons continuer à mener des actions sur le terrain, sous d'autres formes afin d'éviter de nouveaux procès à l'avenir. Cependant, nous n'arrêterons pas de militer. Je transmets ici le lien de la cagnotte de l'ASLA, qui permet d'aider notre mouvement ainsi que la structure qui nous défend dans le cadre de cette affaire.

https://asla.fr/faire-un-don-pour-les-5-jeunes-qui-ont-demande-justice-pour-quentin/

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